Après pratiquement un demi-siècle d'indépendance, l'Afrique continue de souffrir du sous-développement et de la marginalisation. Toujours à la croisée des chemins, elle cherche encore la voie pour assurer son décollage économique. L'intégration régionale est considérée aujourd'hui par beaucoup d'observateurs comme un passage obligé dans le processus de construction de l'unité continentale ; celle-ci étant perçue par beaucoup comme une nécessité vitale eu égard à la compétition impitoyable que se livrent les nations de notre planète.
C'est eu égard à ce contexte que je me propose d'examiner dans quelle mesure la République de Guinée, en tant qu'état-nation en construction, est prédisposée par sa géographie son histoire et ses options politiques concrètes à favoriser ou à freiner l'intégration de l'Afrique de l'Ouest.
Pour répondre à cette question, passons à l'analyse des données de la géographie, de l'histoire et des choix politiques de l'actuelle République de Guinée.
Des atouts géographiques certains
Au plan géographique, la République de Guinée est située entre 7°30' et 12°30' environ de latitude Nord et entre 8° et 15° de longitude Ouest, soit approximativement une position moyenne entre l'Equateur et le tropique du Cancer. Cette position fait d'elle un des pays côtiers de la façade atlantique de l'Afrique de l'Ouest et lui permet du côté du continent de faire frontière avec six pays de la région : Sierra Leone et Libéria au Sud, Côte d'Ivoire au Sud-Est, Mali au Nord-Est et au Nord, Sénégal au Nord et Guinée-Bissao au Nord-Ouest.
En raison de cette position, elle est parfois qualifiée de pays-carrefour de la région ouest africaine . A ce titre, elle peut jouer un rôle primordial dans le processus d'intégration régionale en reliant les pays de la Sénégambie au Libéria et à la Sierra Leone qui pourraient dès lors cesser d'être de simples enclaves maritimes sans arrière pays. De même, en lui offrant le débouché le plus direct à la mer, elle constituerait pour le Mali une voie royale d'accès à la côte, mettant fin à son enclavement continental. Enfin, la Guinée aurait tout à gagner à ouvrir ses frontières sur ses six pays voisins et par ce jeu de l'ouverture de chaque Etat de la région à ses voisins immédiats on pourrait recréer l'homogénéité de l'Afrique de l'Ouest et offrir des conditions favorables au rétablissement de la complémentarité écologique et économique de ses différentes zones.
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