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BREVE HISTORIQUE DE LA DIPLOMATIE GUINEENNE
 

Historiquement, la Diplomatie de la Guinée peut se scinder en deux phases :

La première phase est celle qui couvre toute la première République. Une période dominée par les prises de positions nationalistes et l’engagement pour la libération du continent africain de la domination étrangère. La Diplomatie de la première République a attiré à la Guinée à la fois sympathie, respect, prestige et inimitiés.

Le 3 avril 1984 après avoir proclamé la fin de la Première République, l’armée qui est arrivée au pouvoir annonce également que, tout en gardant ses points d’encrage dans les valeurs de liberté, d’amitié et de solidarité entre les peuples, la diplomatie de la deuxième République s’inscrira dans un élan d’ouverture et de volonté de développement économique. C’est le début de l’ère de la diplomatie au service du développement économique.

1. Première République : La  diplomatie au service de la libération politique du Continent.

Depuis son accession à l’indépendance, la République de Guinée a entretenu des relations multiples et variées avec les pays africains. Multiples parce qu’elle a établi des relations avec tous les pays, excepté le sionisme de l’Etat hébreu, le régime d’apartheid de l’Afrique du Sud et la Corée du Sud d’alors. C’est sous la seconde République que la Guinée a d’ailleurs établi ses relations diplomatiques avec Prétoria et Séoul.

Pour une analyse cohérente et un bilan équilibré de notre Diplomatie dans le continent, il est important de faire un aperçu sur le rôle de la Guinée pendant les années de l’indépendance.

En effet, le « Non » historique du Peuple de Guinée lors du référendum du 28 septembre 1958 constitue un point nodal de nos relations avec les pays africains. Un non qui a contribué à identifier la Guinée comme bastion de la lutte anti-colonialiste dans le monde en général et en Afrique, en particulier. Ce qui permettra à la Guinée de bénéficier du soutien de tous les pays épris de paix et de justice, notamment les pays progressistes ; tout en  attirant la sympathie des Organisations de masse.  Faut-il préciser à cet effet qu’au plan africain, la Guinée constituera l’espoir des peuples en lutte pour leur indépendance.

A ce propos  André Lewin a écrit : « Peu de pays ont soulevé au moment de leur indépendance autant d’espoirs que la Guinée, premier à rompre les liens avec la Métropole, à embrasser résolument la voie socialiste de développement sur le continent africain, l’un des tout premiers à pratiquer le non alignement et à prôner l’Unité africaine, le nouvel Etat apparaissait à tous comme une expérience pilote … ».

Dès lors, la Diplomatie guinéenne en Afrique se construira autour des grands idéaux de paix, d’autodétermination, de réaffirmation de la personnalité africaine, une diplomatie dont le rayonnement se heurtera à l’ancienne puissance colonisatrice qui lui créera des embûches. Une métropole qui, durant cette première phase, accordera un soutien accru aux pays n’ayant pas encore accédé à l’indépendance.

A cette époque, la Guinée a entretenu de très bonnes relations avec tous les pays africains malgré les différences d’orientation politique et économique. La Guinée créera même des unions politiques avec certains pays tels que l’union Guinée-Ghana-Mali, le groupe de Casablanca etc.…

Toutefois, la diplomatie guinéenne en Afrique connaîtra des périodes très tumultueuses en raison de ses prises de position radicale dans les conflits des années de l’Indépendance (cession biafraise au Nigeria, l’affaire du Congo Léopoldville, les massacres de sharpeville, l’indépendance de l’Angola).  Des  prises de position qui étaient  dues à l’option nationaliste de la Guinée.

A l’intérieur, le régime se radicalise, les difficultés économiques s’accroissent, les complots deviennent nombreux (complot d’avril 1960 , de novembre 1961 des enseignants marxistes, complot des commerçants dit petit Touré, complot de février 1969 dit complot militaire)… A partir du 22 novembre 1970 après l’agression portugaise contre la Guinée, le pays entre dans une ère d’isolement diplomatique. Certains pays voisins sont impliqués, notamment la Cote d’Ivoire et le Sénégal, ce qui entraînera la rupture des relations diplomatiques avec ces pays.

Avec le Ghana, la rupture interviendra après  le renversement du Président N’KRUMAH, en 1966. Il sied de souligner aussi que la Guinée a intensifié son soutien  aux mouvements de libération nationale (le MPLA, l’ANC,  le PAC,  la SWAPO). Mais en 1977, les autorités de Conakry déclencheront une véritable offensive diplomatique dont le but était de mettre fin à leur isolement.  C’est dans ce cadre qu’en mars 1978, la Guinée entreprendra le dialogue avec ses voisins ivoiriens et sénégalais qui aboutira à une réconciliation parrainée par le Liberia, la Sierra Léone, le Togo et la Gambie à Monrovia.  A l’issue de cette rencontre, la Guinée rétablit les relations diplomatiques avec les deux pays.  Et après 1978, la Guinée amorce la phase de la diplomatie de l’ouverture tous Azimuts.

Si durant cette période, la politique extérieure de la Guinée a contribué à son rayonnement cependant, le développement économique a été un échec.

2- La Deuxième République : La diplomatie au service du développement 

Le 3 avril 1984 à la prise du pouvoir par l’armée nationale, la Guinée a opté pour une diplomatie au service du Développement.

En effet, les nouvelles orientations de la seconde République sont basées sur la construction d’un Etat de droit qui favorise cette diplomatie, en établissant un climat de confiance avec les pays africains d’une manière générale. La République de Guinée a réaffirmé son attachement à la Charte de l’OUA, de l’ONU, de l’Union du Fleuve Mano,  de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), de l’Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Gambie (OMVG) et joue un rôle actif au sein de la CEDEAO.

Dans le cadre de la promotion des rapports d’amitié sincère et de coopération fructueuse entre les peuples du continent, notre pays a consenti des efforts louables. L’esprit de paix et de concorde qui a toujours sous-entendu l’action gouvernementale guinéenne, a été la base de nos relations avec les pays africains en général et nos voisins en particulier, point de départ de nos efforts pour l’intégration économique continentale. Ces voisins ont occupé une place de choix dans notre action diplomatique. En témoigne le nombre élevé de nos missions diplomatiques en Afrique.

Un dynamisme nouveau a été insufflé à ses rapports  par des visites de travail qui ont favorisé les contacts directs, par la réactivation des grandes commissions mixtes de coopération.

3- Renforcement de la coopération sous-régionale, régionale et mondiale :

Les visites du Chef de l’Etat dans les pays africains et celle de ses pairs en Guinée, ont contribué à l’instauration d’un climat de confiance et d’une plus grande conscience de notre situation d’interdépendance. Cette ambiance nouvelle a constitué un vigoureux stimulant à la coopération sous-régionale attestée par notre participation effective à l’OMVG et à la Mano River Union.

Au sein de l’OUA aujourd’hui Union Africaine, notre pays pour avoir été un pionnier de l’Unité Africaine joue pleinement son rôle qui consiste à surmonter les obstacles et les clivages qui retardent la marche unitaire du continent. C’est pourquoi, il a participé à toutes les rencontres interafricaines, notamment les conférences des Chefs d’Etat, les Conseils des Ministres de l’OUA, de l’OMVG. La Guinée a également assuré le Secrétariat Exécutif de l’OMVG, de la CEDEAO, de l’Union du Fleuve Mano.

Avec l’ONU et les Institutions spécialisées, notre coopération est au beau fixe, comme l’expliquent les nombreux projets financés ou en cours de financement dans le domaine de la Santé, de la promotion de la femme, de la lutte contre la pauvreté. Au plan politique cette coopération se traduit par la participation de la Guinée aux opérations de maintien de la paix en Afrique occidentale.

4- Perspectives :

Dans l’effort commun de recherche de solutions appropriées à tous ces problèmes, notre pays, la République de Guinée, doit continuer son œuvre de sage médiation en concertation avec tous les Gouvernements du continent guidés par le même idéal de paix et de progrès.

Conclusion :

Pour conclure cette brève historique, nous dirons que la Guinée a observé une constance quant à ses engagements fondamentaux. En effet, aussi bien sous l’ancien régime que sous la Deuxième République, la Diplomatie guinéenne s’est mise au service de la libération de l’Afrique, du renforcement de la coopération régionale et sous régionale.

Cependant, le retard économique que la Guinée a accusé durant les 26 premières années de son indépendance a amené le Comité Militaire de Redressement National (CMRN) et le Gouvernement de la deuxième République à une révision de ses alliances, en rompant avec la période d’exclusivité et en optant pour l’élargissement des relations avec les pays du continent et du monde. L’accent est mis cette fois sur une diplomatie au service du développement économique du pays. Désormais la diplomatie doit être un outil privilégié du développement au lieu de servir uniquement au rayonnement politique.

Après la fermeture de deux de nos missions diplomatiques en Afrique Australe, la Guinée entretient des rapports effectifs de coopération avec 22 pays africains, tandisque qu’il entretient des rapports formels avec certains pays qui sont :

Le Burundi, le Botswana, le Lesotho, le Malawi, les îles Comores, la Centrafrique, le Rwanda, la Somalie, le Djibouti, le Kenya, le Cameroun, la Namibie, l’Angola, le Mozambique, le Madagascar, la Zambie, le Zimbabwe, l’Ethiopie, l’Ouganda, la Tanzanie, le Swaziland.

 
 

 

 

 
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